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30/04/2023
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La tradition des mayades dans les Landes

Mayade de Meilhan, Landes, Nouvelle-Aquitaine ©Tourisme_Landes

Le mois de mai dans les Landes est traditionnellement rythmé par des festivités en tous genres.

Ces événements sont liés aux frondaisons, à la fécondité et au renouveau du printemps.

Ferias, bals traditionnels et autres festivals animent, à cette période, les territoires du sud-ouest français.

Mais connaissez-vous les mayades ?

Partez à la découverte de cette fête ancestrale du patrimoine landais, inscrite à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel français !

La mayade, un joyeux rituel de mai

Mayade de Meilhan, Landes, Nouvelle-Aquitaine ©Tourisme_Landes

La mayade (ou « maïade ») est une tradition landaise qui célèbre le renouveau, en ces premiers jours de printemps.

Traditionnellement, cette fête est dédiée aux jeunes femmes n’ayant pas encore été promises à un mari. Aujourd’hui, ces festivités peuvent honorer tous les individus de la communauté ayant une nouvelle ou un statut à célébrer.

Les élus locaux et représentants politiques sont systématiquement célébrés ainsi que les couples de jeunes mariés ou des habitants passant un cap de leur vie (retraite, nouvelle dizaine…) peuvent l’être également.

Pour ce faire, un pin maritime décoré de fleurs en papier crépon, ou de lierre, est déposé devant la maison de l’heureux élu, appelé le « Mayé ». L’opération se déroule habituellement dans la nuit du 30 avril au 1er mai.

Cette expédition nocturne se déployant dans la plus grande discrétion, ce n’est qu’au petit matin que le Mayé découvre le pin devant sa porte.

Si le cœur des festivités ne débute qu'au matin du premier jour de mai, tout le mois d’avril est, lui, consacré à la préparation du fameux « mai », le pin décoré.

L'organisation d'une mayade, une coutume qui rassemble tout un village

Selon la tradition, ce sont les jeunes des villages, célébrant 18 ans dans l’année, qui sont chargés d’organiser les festivités. Ils prennent alors le nom de « mayais ».

Ils sont secondés par la classe d’âge inférieure (17 ans) et supérieure (19 ans). Ils sont également épaulés, pour les besoins matériels, de leur parrain et marraine, qu’ils choisissent parmi les adultes.

Au cours du mois d’avril, ce groupe doit élaborer les activités qui animeront le village, une fois la fête débutée. Ils choisissent aussi avec soin, dans la forêt des Landes, le pin qui prendra le nom de « mai ».

Nombre de préparatifs sont à prévoir pour que la mayade soit réussie. Les habitants s'adonnent à la confection des guirlandes de papier et de lierre pour les troncs des pins sélectionnés, ainsi qu'à la préparation du bal et du festin.

Dans la nuit du 30 avril au 1er mai, les mayais s'affairent aux derniers ajustements. Les troncs des mais sont ornés, à mi-hauteur, de rubans multicolores en papier crépon, de couronnes, de drapeaux et de pancartes portant l'inscription « honneur à… ».

Préparatifs de la mayade de Pontonx-sur-l'Adour, Landes, Nouvelle-Aquitaine ©Chloé Laboudigue

Les mayades : une tradition landaise ancestrale

Préparatifs de la mayade de Pontonx-sur-l'Adour, Landes, Nouvelle-Aquitaine ©Chloé Laboudigue

La mayade prend racine dans le rite de l’arbre de mai dont les traces européennes remontent à l’Antiquité. Il s’agirait d’un vestige des Celtes qui célébraient la nature et chassaient les mauvais esprits en dansant autour d’un arbre planté à cet effet.

Cette coutume de la mayade est attestée dès le Moyen Âge, plus précisément, dès le XIIIe siècle dans les villages du sud-ouest de la France et notamment en Gascogne.

À cette époque, les paysans ont pour habitude de planter, au 1er jour de mai, un arbre devant la maison de leur seigneur.

Bien que l’Église catholique tente, lors du concile de Milan de 1579, de proscrire cette pratique, cette tradition demeure. Au fil du temps, le mai s'enracine dans la culture landaise et devient un rituel central dans la sociabilité des villageois.

Il évoque l’ambivalence de la date du 1er mai, sonnant le passage de l’hiver au printemps, de la saison morte au renouveau.

Ainsi, de nombreux dictons et récits marquent cette période de transition. Afin de se protéger des mauvaises influences et célébrer les bonnes, les jeunes organisateurs de la mayade entraînent tous les habitants dans une cérémonie particulière.

En effet, la tradition historique veut que les villageois rejouent le combat du printemps contre l’hiver. Différents gestes, rituels et temps forts, comme le port de rameaux, composent cette célébration.

Une pratique qui évolue, mais qui perdure encore aujourd’hui, en alimentant le patrimoine culturel des Landes. La tradition des arbres de mai se retrouve dans d’autres régions de France et d’Europe.

En Provence, on plante un arbre de mai au centre du village, en Moselle, les jeunes hommes parent la maison de leur bien aimée de branchages décorés, tandis qu’en Alsace, cet arbre prend le nom de « TanneMaie ». Cette coutume se retrouve également en Irlande avec le mât de « BelTane », en Grèce, ou encore en Pologne.

Six mayades inscrites à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France

Mayade de Meilhan, Landes, Nouvelle-Aquitaine ©Tourisme_Landes

Le ministère de la Culture a recensé 6 communes réalisant chaque année une mayade dans le respect de la tradition landaise : Clermont, Donzacq, Narrosse, Saint-Jean-de-Marsacq, Saint-Vincent-de-Tyrosse et Saubion.

Parmi elles, les mayades de Saint-Vincent-de-Tyrosse, de Clermont et de Saubion font partie des plus remarquables.

La mayade de Saint-Vincent-de-Tyrosse est l’une des plus importantes des Landes par son envergure et par sa date. En effet, c’est elle qui ouvre le bal des mayades dans le département. Une coutume au cœur de la vie des habitants qui se répète tous les ans !

La mayade de Clermont se pare d’un thème différent chaque année. Ce thème détermine les décorations des mais, ainsi que les personnes mises à l’honneur, comme les nouveaux habitants.

À Saubion, la tradition de la mayade est respectée à la lettre et sa préparation débute dès janvier, avec l’élection des gestionnaires de classe. En février, des récoltes de fonds pour les festivités sont organisées et le choix du pin est réalisé. S’ensuit la confection des décorations et du repas convivial.

Le patrimoine landais, toute une histoire à découvrir !

Les mayades sont au cœur du riche patrimoine culturel des Landes de Gascogne. Ouvert en 1969, l’Écomusée de Marquèze, met en exergue cette culture locale spécifique à la Grande Lande.

Créé à Sabres, par le Parc naturel régional des Landes de Gascogne, ce site a pour mission de reconstituer et de transmettre le cadre de vie des bergers-agriculteurs qui occupaient ce territoire au XIXe siècle.

Pour ce faire, le musée a reconstitué le quartier de Marquèze, un hameau de l’époque.

Construit avec des matériaux provenant d’installations déjà présentes, ou de quartiers environnants, ce lieu replonge le visiteur dans l’univers écopastoral d’antan.

Cette immersion dans l’histoire des Landes permet de saisir tout le savoir-faire et le trésor patrimonial de ce territoire.

En arpentant les domaines, champs, vergers et habitations qui composent Marquèze, le visiteur se plonge dans l’organisation de la société de l’époque, ses coutumes et ses pratiques.

Écomusée de Marquèze, Landes, Nouvelle-Aquitaine ©Yohan Espiaube

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